Louis Tanguay fait beaucoup avec peu, superbement produit et des beaux sons (mais... ). Le problème est qu'il le fait si bien que ce qu'il manque se voit terriblement : pas d'instrument réel ou d'accident électronique (peu de nappes sonores) ou de son réel. Pour le début de Ombre et poussière, la texture de Rage de feu, les nappes de L'enchanteresse de vie le prudent crescendo de Mort sur le monde (bien scenarisé). Le reste verse un peu dans la mégalomanie.
Ombre et poussière : D'abord, c'est très «ambient», c'est à dire très sobre, heureusement bien produit et s'écoute au casque. Les sons ne sont pas follement originaux, quoique légèrement bruitistes et surprenants par moment, mais le travail a dû être conséquent tout de même. Ensuite, le problème est que, quand ça cherche à surprendre, c'est par détournement, dérision, décalage, faux, alors que ça pourrait être plus bruitiste, terrestre (c'est le thème, non ?), intriguant et vrai.
Libération : On continu dans le registre. finalement, ça tient plus du néo- classique à la Vangelis (en moins emmerdant) ou Mike Oldfield (avec moins de fromage de brebis). Cela mériterait d'être plus vrai, instrumentalement ou électroniquement parlant, je ne sais pas. Et puis c'est de la bonne composition en fin de compte.
Rage de feu : Ne faites-vous pas partie de ces gens qui aiment à la fois le Metal et le Classique ? C'est très bien produit toujours, mais le faux l'emporte; Pas de son qui imite ! Vous arrivez tout de même à produire des textures intéressantes.
L'enchanteresse de vie : Plus en nappes sonores de bel effet. Il manque quelque chose, surtout à mi-parcours.
Evolution : Les sons n'ont pas suffisamment de force par eux-même; il faut y mettre le paquet et il n'y a d'ailleurs que cela de motivant.
La folie humaine : C'est un peu long, pas vraiment beau et pas très sophistiqué.
Mort sur le mode : Le début mérite l'attention nécessaire, et la suite aussi, crescendo, ce titre mon tres bien ce qu'il veut dire.