Ruggine (magnifique chanson admirablement interprétée) nous ouvre la porte de ce monde à part, le petit monde d'Insula Dulcamara, peuplé de personnages felliniens et d'apparitions fantasques.
Chansons de solitude, d'amour déçus et d'amitiés perdues d'après ce que j'ai pu saisir (?). Un univers qu'on imagine peuplé de bars à musique, de cirques ambulants et d'orchestres de rues et où l'on déambule avec un immense plaisir, porté par une voix chaleureuse et une poésie rare. Dans cet univers attachant où le grotesque cotoie la beauté la plus lumineuse, paysage de pénombres nocturnes traversées de lueurs blafardes, on rève devant des visions chimériques et fugaces, étrangement charmé par un esprit de dérision mélancolique et profondément humain.
L'Amore Stamane et son blues déglingué font penser à un Tom Waits tragi-comique période Swordfishtrombone. L'orchestration de Camini est excellente et pleine d'humour. Avida Dollar nous entraine dans une ronde absurde et désordonnée. (post-it) et sa ritournelle obsédante clôt cet album en beauté.